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Revue 68: Le Concordat de 1801

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Le temporel et le spirituel, le trône et l’autel, les deux figures de proue de l’humanité et de son organisation, ne peuvent vivre l’un sans l’autre au point de se livrer souvent des batailles très rudes.

Le principe de la distinction des pouvoirs qui revient à l’un et l’autre des protagonistes est énoncé par Notre Seigneur Jésus Christ lui-même : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cette distinction, selon les moments de l’histoire, s’est transformée en séparation violente, ce fut le cas du césaro-papisme de jadis, ou sarcastique, c’est le cas du laïcisme actuel, ou en union confuse, la théocratie.

Distinction ne signifie ni  Exclusion ni exclusive. Elle n’est donc ni séparation ni asservissement. Elle signifie complémentarité, elle signifie soutien. Elle signifie qu’un même homme, qu’un même peuple ne peut s’affranchir ni de l’une ni de l’autre de ces deux autorités mais doit les servir les deux dans leurs domaines de compétences respectifs. Elle signifie que ces deux autorités entre elles se doivent respect mutuel et soutien mutuel. Au temporel, l’ordre naturel et politique ; au spirituel, l’ordre surnaturel et religieux qui vient élever le premier en le coiffant de la couronne de la grâce et de la charité.

L’examen du Concordat conclu en 1801 entre Pie VII et Napoléon Bonaparte, Premier Consul, est typique de ces moments forts des relations entre l’Eglise et l’Etat. L’Eglise a besoin de retrouver sa pleine légitimité dans un ordre naturel bouleversé par la Révolution Française, et l’Etat, en la personne de Bonaparte, a besoin de retrouver de la cohésion sociale douze ans après ce même bouleversement. La nature a besoin de la surnature pour réparer son désordre intrinsèque dû au péché originel et redonner à ses acteurs le sens de leurs fins dernières. Mais, « chassez le naturel, il revient au galop…!», nous indique le dramaturge Philippe Néricault (1680-1754) après Horace. Et, de fait, Bonaparte sut faire triompher son autorité sur celle du pape… Il revint au césaro-papisme.

Bonaparte, futur Empereur, finit sa vie sur un rocher, seul, au milieu de l’Atlantique. Un prêtre cependant l’assista dans ses derniers instants… L’ordre surnaturel revint coiffer la nature de cet homme déchu. Au fond, ainsi que nous le rappelle à la fin de ce numéro le Révérend Père Laurent OFM, aumônier de la revue, tout n’est qu’affaire de patience

Gilles Colroy

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