C’est
de tout mon cœur que j’encourage le combat souvent ingrat que mènent les
catholiques intégraux qui se battent en politique pour le triomphe du Christ
Roi. Aujourd’hui, ils se préparent activement pour les élections municipales de
2014 et je les crois spécialement bien inspirés de réserver le meilleur de leurs
forces pour ne pas manquer cette échéance.
C’est à cet humble niveau des
communes que leur présence comme maires ou comme élus catholiques est la plus
utile. Les partis politiques les plus astucieux ne s’y trompent pas. Ils savent
que cette implantation locale, sur la durée, sera le meilleur gage de leur
succès. Ils s’enracinent dans un terroir, se font apprécier des habitants par
une administration locale qui suscite la satisfaction des habitants. S’ils sont
sages, ils demeurent assez éloignés des grandes querelles partisanes. On en voit
ainsi certains, dans différentes communes, qui demeurent maires pendant des
dizaines d’années, plébiscités par les honnêtes gens qui saluent la
qualité de leur gestion.
Certes, la perversion du
suffrage universel se fait sentir à toutes les élections qui reposent sur ce
faux principe. Mais, c’est au plus modeste niveau que ses effets néfastes sont
encore les plus limités. En effet, c’est à la taille d’une commune, surtout si
elle est petite, que tout le monde se connaît et que sont également connus les
intérêts des uns et des autres et les intérêts qui sont communs. Même si la
vertu n’est que peu présente, la défense d’intérêts communs, suffisamment
visibles pour que l’on ne puisse y rester indifférent, force à un peu de
raison.
Or, ces communes, il faut bien
qu’elles soient administrées et elles ne le seront convenablement que par des
habitants qui les connaissent. Ceux qui sont de l’extérieur ne peuvent pas
exercer cette administration parce qu’ils n’en sont pas capables : ils ne
connaissent pas la commune de l’intérieur, son âme, son histoire, ses habitants,
les mesures et les décisions sages qu’il serait bon de prendre pour en améliorer
la vie.
Est-il de peu d’importance que
l’administration des communes soit toujours laissée à ceux qui ne sont pas de
vrais et fervents catholiques ? Est-il de peu d’importance qu’elles soient
administrées, sur toute la France, par des dizaines de milliers d’hommes qui
sont indifférents ou hostiles au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Il
y aura sans doute en 2014 des centaines, voire des milliers de nouveaux élus
musulmans qui décupleront l’expansion de l’Islam. Cela n’a-t-il pas
d’importance ? N’y a-t-il rien à faire ? Peut-on se contenter de
seulement prier en laissant à Dieu le soin de nous sauver sans chercher à être
les instruments dociles de son règne ? Qui peut le prétendre ? Qui ne
voit l’absurdité de laisser ces places vides et de ne pas faire le bien que
pourraient faire des catholiques qui les occuperaient?
Bien sûr, le bien que feront
ces catholiques, en raison des circonstances particulièrement dégradées de la
vie moderne, de l’état où se trouve réduit le catholicisme, de la fausseté des
idées politiques et morales qui triomphent partout ajoute encore à la difficulté
de ce combat politique. Mais, au motif que ce bien sera limité, faut-il
pour autant se dédouaner d’accomplir cette besogne locale dont l’impact peut
être aussi si précieux ?
Nous sommes en même temps
persuadés que le relèvement politique de notre pays ne sera pas le fruit
d’hypothétiques bonnes élections et de la nécessité d’un fort engagement
politique des catholiques au niveau des communes et cela n’est pas
contradictoire. Notre propos sera évident pour tous ceux qui ont eu l’occasion
de voir à l’œuvre de véritables maires ou conseillers municipaux catholiques qui
ont travaillé, dans leurs communes, à étendre le règne de Notre Seigneur. Leur
dévouement, leurs vertus, la sagesse de leur administration ont fait que la
religion - dont ils ne faisaient pas mystère- a été l’objet du respect de tous.
A travers leur personne qui était respectée, les gens revenaient à la pensée de
l’existence de ce Dieu qui juge et qui a donné un ordre au monde. Il est
malheureusement bien clair que l’appréciation de candidats vraiment catholiques
et intègres par la majorité de nos concitoyens, au niveau national est rendue en
revanche illusoire par le verrouillage à peu près total des médias qui
véhiculent le discours unique de la révolution, du vice et de la démagogie.
Nous souhaitons donc qu’il
puisse résulter des élections de 2014 la conquête de quelques dizaines de
petites mairies par des maires et des élus vraiment catholiques et soucieux de
l’extension du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce résultat peut sembler
bien modeste mais je pense qu’il serait au contraire un signe important de
ce réalisme politique qui fait travailler les catholiques au niveau du possible,
loin des chimères. Une implantation nouvelle, puis un enracinement catholique
dans nos villages, dans nos communes, s’ils existent de nouveau, pourront faire
revivre un peu de vraie religion là où se trouveront ces élus et faire émerger
comme une troisième force, celle qui seule est capable de s’opposer et à
l’islamisation et à la déchéance révolutionnaire de notre pays.
De même que les prêtres restés
fidèles à la Foi exercent dans la vie de l’Eglise une influence bien plus
considérable que le petit nombre qu’ils sont en réalité, ainsi en sera-t-il des
maires et des conseillers municipaux vraiment catholiques dont l’existence et le
rayonnement pourraient apporter quelque chose de décisif pour notre pays.
Saint
Pie X a écrit que les vrais amis du peuple sont traditionalistes. Nous le
pensons profondément et nous souhaitons donc que de nombreux traditionalistes se
préparent dans la prière, dans l’étude des grandes encycliques politiques et
sociales et dans l’intérêt qu’ils porteront à leurs voisins de leur commune à
ces élections communales de 2014.
Abbé Régis de Cacqueray
Supérieur du District de France de la FSSP X
Le 5 février, vous ne
manquerez pas de venir au Forum de Grenelle à Paris et d'y assister à la journée
organisée par Civitas sur le thème : "En route pour 2014 - les catholiques dans
l'action municipale" !
en savoir plus: Colloque du 05/02/11: Créer un réseau d'élus catholiques pour des
îlots de chrétienté