Prenons le cas de l'avortement.
Environ 200.000 avortements annuels en France. C'est un
effroyable crime contre Dieu. C'est aussi la France qui se meurt. Elle
n'est pas morte, mais elle se meurt. En 1700, avec ses 20 millions d'habitants,
elle était le pays le plus peuplé de l'Europe. Dans le monde, seules la Chine et
l'Inde étaient plus peuplées. Malthus s'étonnait que, dans les périodes les plus
néfastes de l'histoire de France, la population ne cessât pas de s'accroître. Au
début du XIXème siècle, les familles françaises avaient au moins quatre enfants
en moyenne : c'est ce qui a permis à la France de se relever si vite des guerres
napoléoniennes. Mais tout cela est bien loin. Et on est tenté de rappeler cette
virulente apostrophe de Théodore Roosevelt : "Quand on peut parler dans une
nation de la terreur de la maternité, cette nation est pourrie jusqu'au cœur du
cœur. Quand les hommes craignent le travail, quand les femmes craignent d'être
mères, ils tremblent sur le bord de la damnation, et il serait bon qu'ils
disparussent de la surface de la terre, où ils sont de justes objets de mépris
pour ceux qui sont forts et ont l'âme haute."
Or ce déclin démographique conjugué
à la banalisation de l'avortement, c'est aux ennemis de l'Eglise qu'on le doit.
D'une part, il y a les prescriptions de la morale chrétienne en ce qui concerne
les devoirs des gens mariés, aux beaux exemples de fécondité que nous offrent
généralement les familles restées profondément et sérieusement croyantes.
D'autre part, il y a ce monde moderne qui assez largement a fait sienne la
devise "Ni Dieu, ni maître" grâce aux efforts combinés de différentes forces
occultes.
Et il en va de même de tout ce
qu'englobe le thème de la famille. Les schémas sont connus.
Eclatement des familles (un mariage
sur deux qui sombre en divorce, les unions "libres" et autres "pacs", les foyers
monoparentaux,...). Perte de la notion d'autorité liée à une paternité
"traditionnelle". Adolescence désœuvrée. Augmentation de la délinquance
juvénile.
Perte du sens de la famille. Perte
de l'exercice naturel de la solidarité vis-à-vis de son prochain le plus proche.
Développement de l'individualisme, de l'égoisme, du
matérialisme.
Education à l'abandon. Culture
générale en chute libre. Prétendues élites se mettant au diapason du nivellement
par le bas.
Politiques mortifères (avortement,
euthanasie, eugénisme). Les enfants coûteraient cher. Les "vieux" coûteraient
cher. Les handicapés coûteraient cher. La société matérialiste et sans Dieu
développe sa solution finale pour tous ceux qu'elle considère comme des
"improductifs".
Inversion des normes. Valorisation
de l'homosexualité. Théorie du "gender". Une conception de la famille et du
mariage hier encore communément admise et aujourd'hui défigurée par une
idéologie subversive.
En vérité, les ennemis de la
Famille sont avant tout des ennemis de Dieu. Ils haïssent la Cité
catholique.
Bien sûr, le législateur prétendra
que tout cela se fait au nom du pluralisme, des libertés, du droit à l'amour, de
la dignité, de la lutte contre les discriminations et autres fariboles plongeant
notre société dans un relativisme sans précédent et un désordre
organisé.
A nous de prendre la juste mesure
de l'enjeu et de nous impliquer sans concession et avec générosité et
vigueur.
La renaissance des nations
européennes passe par le renforcement des familles selon un modèle confirmé
tant par l'ordre naturel que par l'ordre
chrétien.
En œuvrant pour une Cité
catholique, Civitas mène un combat essentiel pour les familles. On l'oublie trop
souvent.