CIVITAS : Dans notre
époque, la maîtrise de l’information se trouve être une donnée essentielle. Avec
tous les sites d’information, comment l’individu lambda peut-il s’y
retrouver ? D’un point de vue général, trop d’informations ne nuisent-elles
pas à l’information ?
En bons contre-révolutionnaires,
nous militons pour le contraire de la révolution, pas pour une révolution
contraire. C’est pareil pour la réinformation qui est le contraire de la
désinformation et surtout pas une désinformation contraire. C’est pourquoi je ne
suis pas pour la « maîtrise » de l’information. Surtout pas par un
parti politique, même s’il a un programme conforme à la Doctrine sociale de
l’Eglise car il arrive parfois que ses intérêts ne coïncident pas/plus avec la
défense de la Vérité. Nos révélations sur les prises de position de Cyril
Delmas au MPF, de Marie-Christine Arnautu au FN ou de Gilles
Bourdouleix au CNI illustrent parfaitement ce souci. Au risque d’être
insulté ou calomnié par des personnes de bonne foi mais très remontées parce
qu’on a perturbé leur petit confort militant. Seul le souci de la Vérité doit
nous conduire. Sur Internet comme dans nos engagements (y compris partisans).
C’est pourquoi, nous n’avons pas hésité à interroger de nombreux responsables de
gauche dans le cadre de la lutte contre le travail dominical. Là encore au
risque de déstabiliser notre lectorat, de droite. Nous pouvons nous payer ce
luxe puisque contrairement au plus indépendant des journaux, nous n’avons
presque aucune dépense de fonctionnement donc de comptes à rendre à personne…
sauf à Dieu. Nous avons des lecteurs et des annonceurs, tant mieux. Mais ce ne
sont pas eux qui font la loi : la Vérité n’est pas
négociable.
CIVITAS : Selon nous,
l’usage d’internet peut aussi avoir des côtés négatifs dans la diffusion des
informations. En effet les blogs dans une certaine mesure participent aux
fractionnements des idées, car ils publient des articles courts et cela de
manière répétitive. De cette manière, les sujets ne peuvent être traités à fond
et les blogs participent donc à la culture du zapping. Qu’en
pensez-vous ?
Je pense qu’internet va supplanter le papier (c’est
en cours) pour l’information brut mais qu’il ne se prête pas bien à l’analyse,
au la prise de recul. La presse doit justement réaliser ce travail : or, on
observe exactement le contraire. Mais comme vous dîtes, internet participe à la
culture du zapping et diminue notre capacité à se concentrer longuement dans la
vie de tous les jours. Il est chronophage, véhicule beaucoup de saletés,
tentateur, mais je crois que n’avons pas le choix. Nous devons y être présents,
à condition que cela ne nous empêche pas de remplir nos devoirs
d’état.
CIVITAS : Selon nous,
l’usage d’internet peut aussi avoir des côtés négatifs dans la diffusion des
informations. En effet les blogs dans une certaine mesure participent aux
fractionnements des idées, car ils publient des articles courts et cela de
manière répétitive. De cette manière, les sujets ne peuvent être traités à fond
et les blogs participent donc à la culture du zapping. Qu’en
pensez-vous ?
Je pense qu’internet va supplanter le papier (c’est
en cours) pour l’information brut mais qu’il ne se prête pas bien à l’analyse,
au la prise de recul. La presse doit justement réaliser ce travail : or, on
observe exactement le contraire. Mais comme vous dîtes, internet participe à la
culture du zapping et diminue notre capacité à se concentrer longuement dans la
vie de tous les jours. Il est chronophage, véhicule beaucoup de saletés,
tentateur, mais je crois que n’avons pas le choix. Nous devons y être présents,
à condition que cela ne nous empêche pas de remplir nos devoirs
d’état.
CIVITAS : Dans cette
bataille de l’information et de la ré-information, quel rôle peuvent jouer les
blogs catholiques et patriotes ? Est-il sérieux de penser qu’ils puissent
rivaliser avec les messages désastreux déversés par la télévision à toutes les
heures du jour et de la nuit ?
Les mass médias au premier rang
desquels on trouve la télévision vont à mon avis continuer à être très consultés
mais risquent de perdre du crédit auprès de leur public (dont un petit
pourcentage lit les blogs) si leurs méthodes de travail n’évoluent pas. Certains
blogs décolleront peut-être au point de se professionnaliser en partie, à
condition qu’ils trouvent des ressources.
La question des ressources n’a
du reste pas encore été résolue, y compris pour les portails en ligne des mass
medias (ex avec le New-York Times). Rupert Murdoch tente en ce moment
d’enclencher une dynamique d’accès payant à l’information (qui a un coût).
Voyons ce que cela donne même si je suis très sceptique, l’habitude de ne pas
payer pour s’informer étant désormais bien ancrée, notamment chez les
jeunes.
CIVITAS : Avec l’arrivée
d’internet, plusieurs phénomènes sont nés, dont notamment la création de forum
de discussion. Ces derniers permettent d’échanger sur des sujets divers et
variés, avec des utilisateurs qui, pour la plupart, usent et abusent de la
pratique du pseudonymes. Ces forums représentent-ils un intérêt dans la bataille
de la ré-information ?
Pourquoi pas. Mais à condition
de ne pas passer sa vie sur internet.
CIVITAS : A l’heure de
l’internet et de la réactivité immédiate, une presse papier (dont les coûts de
production ne cessent d’augmenter) se justifie-t-elle
encore ?
Oui, je pense. Mais à condition
d’apporter une valeur ajoutée aux blogs qu’elle ne pourra plus jamais dépasser
en terme de réactivité. La prise de recul, des entretiens de fond, des analyses
fouillées par exemple…
CIVITAS : Pensez-vous
qu’il serait intéressant et utile de créer une télévision catholique via le
net ? Que pourrait-elle apporter de plus par rapport aux sites et aux blogs
de notre mouvance ?
Elle existe déjà, me
semble-t-il, avec KTO et à plus petite échelle la web télé libre des
souverainistes. Je pense que nous assistons depuis quelques années à une
convergence (de l’écrit, de l’audio et de la vidéo, du différé et du direct,
etc) par l’Internet. Si portail catholique multimodal il doit y voir, aucun de
ces modes ne doit être négligé car ils sont complémentaires et répondent aux
attentes différentes de publics différents.
CIVITAS : Quel sera
votre mot de la fin ?
Les mots du Pape Jean-Paul
II : « N’ayez pas peur ».
(propos recueillis pour
Civitas par Franck
Abed)