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Pourquoi l’Allemagne délocalise moins que la France ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Civitas   
16-05-2008

 

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    Dans les années 80 et 90 l’Allemagne a massivement délocalisé une bonne partie de sa production, aujourd’hui, elle la relocalise outre Rhin, alors que la France ne cesse de casser l’emploi Français en délocalisation sa production… Pourquoi ?

En dépit des suppressions d'emplois annoncées ces derniers jours chez Continental, Siemens, Henkel et BMW, le chômage a davantage reculé que prévu outre-Rhin, en février. Le taux brut est passé à 8,6 % (8 % pour le taux corrigé des variations saisonnières) et le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de 42 000 en un mois. La demande en main-d'œuvre des entreprises, qui délocalisent moins qu'hier, reste à un niveau élevé (999 000 places vacantes). Parmi les nombreux exemples , les bonbons Katjes, longtemps fabriqués en Italie et en Finlande sont à nouveau produits en Allemagne « pour des raisons de qualité », affirme le président de la firme allemande Tobias Bachmüller, dont la relocalisation de la production a entraîné la création de plusieurs dizaine d’emplois et l’ouverture d’une site de production à Potsdam.

Ramener la production en Allemagne, alors que la France fait le contraire, c’est le souhait de la majorité des dirigeants de PME allemands : «Il y a trois ans, une entreprise sur cinq réfléchissait concrètement  à la délocalisation», affirme Peter Englisch, responsable d'une étude sur le sujet réalisée pour le cabinet de conseil Ernst & Young. Aujourd'hui, elles ne sont plus qu'une sur huit. «Nous sommes passés de 20 % à 13 %» entre 2005 et 2008, souligne l'expert qui étudie ce phénomène depuis cinq ans. Si près de la moitié des 360 petites et moyennes entreprises (PME) interrogées avaient franchi le pas d'une production à l'étranger fin 2007, celles qui peuvent encore faire ce choix sont moins nombreuses à l'envisager. «La grosse vague est passée», conclut Peter Englisch.

Comment expliquer se changement en profondeur ?

Alors que l’attrait pour la délocalisation reste encore très présent dans les esprits, d’autres facteurs entrent en ligne de compte, notamment en matière de main-d’œuvre qualifiée. L'argument du coût du travail mis en avant récemment par le finlandais Nokia pour délocaliser son usine allemande en Roumanie ne semble plus aussi pertinent. «En Europe de l'Est, la tendance est à la hausse, souligne Peter Englisch, alors que les salaires réels allemands ont stagné, voire diminué ces dernières années».

« Pour les entreprises qui planifient à long terme, le risque lié à une délocalisation n'en vaut plus forcément la chandelle. Et puis, certaines sociétés estiment que les conditions en Allemagne sont très bonnes», ajoute Peter Englisch. Une étude publiée par l'Institut Fraunhofer pour la recherche en innovation fait le même constat. «L'Allemagne est redevenue attractive grâce à des coûts du travail en baisse», a déclaré le chercheur Steffen Kinkel au quotidien Frankfurter Rundschau. L'Institut Fraunhofer évoque les cas de firmes qui renoncent à quitter l'Allemagne : entre un quart et un sixième des délocalisations serait finalement annulé. Quant au retour au pays, 6 % des PME interrogées par Ernst & Young ont rapatrié leur production, confrontées à des problèmes de qualité, notamment concernant les infrastructures. Mais Peter Englisch, relativise le phénomène. «Il s'agit de cas isolés», affirme-t-il.

 

Mais le principe de participation et de cogestion, beaucoup plus développé en Allemagne qu’en France pourrait aussi expliquer le phénomène de relocalisation des emplois.

Quoi de plus logique : A-t-on déjà vu un employé/actionnaire délocaliser son propre emploi ?

Poser cette question c’est déjà y répondre.

 
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