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Dans les
années 80 et 90 l’Allemagne a massivement délocalisé une bonne partie de sa
production, aujourd’hui, elle la relocalise outre Rhin, alors que la France ne
cesse de casser l’emploi Français en délocalisation sa production…
Pourquoi ?
En dépit des
suppressions d'emplois annoncées ces derniers jours chez Continental, Siemens,
Henkel et BMW, le chômage a davantage reculé que prévu outre-Rhin, en février.
Le taux brut est passé à 8,6 % (8 % pour le taux corrigé des variations
saisonnières) et le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de 42 000 en un mois. La demande en main-d'œuvre des entreprises, qui délocalisent moins
qu'hier, reste à un niveau élevé (999 000 places vacantes). Parmi les nombreux
exemples , les bonbons Katjes, longtemps fabriqués en Italie et en Finlande sont
à nouveau produits en Allemagne « pour
des raisons de qualité », affirme le président de la firme allemande
Tobias Bachmüller, dont la relocalisation de la production a entraîné la
création de plusieurs dizaine d’emplois et l’ouverture d’une site de production
à Potsdam.
Ramener la
production en Allemagne, alors que la France fait le contraire, c’est le
souhait de la majorité des dirigeants de PME allemands : «Il y a trois ans, une entreprise sur cinq
réfléchissait concrètement à la délocalisation», affirme Peter
Englisch, responsable d'une étude sur le sujet réalisée pour le cabinet de
conseil Ernst & Young. Aujourd'hui, elles ne sont plus qu'une sur
huit. «Nous sommes passés de 20 % à
13 %» entre 2005 et 2008, souligne l'expert qui étudie ce
phénomène depuis cinq ans. Si près de la moitié des 360 petites et moyennes
entreprises (PME) interrogées avaient franchi le pas d'une production à
l'étranger fin 2007, celles qui peuvent encore faire ce choix sont moins
nombreuses à l'envisager. «La grosse
vague est passée», conclut Peter Englisch.
Comment
expliquer se changement en profondeur ?
Alors que
l’attrait pour la délocalisation reste encore très présent dans les esprits,
d’autres facteurs entrent en ligne de compte, notamment en matière de
main-d’œuvre qualifiée. L'argument du coût du travail mis en avant récemment
par le finlandais Nokia pour délocaliser son usine allemande en Roumanie ne
semble plus aussi pertinent. «En Europe
de l'Est, la tendance est à la hausse, souligne Peter Englisch, alors que les salaires réels allemands ont
stagné, voire diminué ces dernières années».
« Pour les entreprises qui planifient à long
terme, le risque lié à une délocalisation n'en vaut plus forcément la chandelle. Et puis,
certaines sociétés estiment que les conditions en Allemagne sont très bonnes»,
ajoute Peter Englisch. Une étude publiée par l'Institut Fraunhofer pour la
recherche en innovation fait le même constat. «L'Allemagne est redevenue attractive grâce à des coûts du travail en
baisse», a déclaré le chercheur Steffen Kinkel au quotidien Frankfurter
Rundschau. L'Institut Fraunhofer évoque les cas de firmes qui renoncent à
quitter l'Allemagne : entre un quart et un sixième des délocalisations
serait finalement annulé. Quant au retour au pays, 6 % des PME interrogées
par Ernst & Young ont rapatrié leur production, confrontées à des
problèmes de qualité, notamment concernant les infrastructures. Mais Peter
Englisch, relativise le phénomène. «Il
s'agit de cas isolés», affirme-t-il.
Mais le
principe de participation et de cogestion, beaucoup plus développé en Allemagne
qu’en France pourrait aussi expliquer le phénomène de relocalisation des
emplois.
Quoi de plus
logique : A-t-on déjà vu un employé/actionnaire délocaliser son propre
emploi ?
Poser cette
question c’est déjà y répondre.
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