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Union Européenne : maintenant c'est la Turquie qui dicte ses conditions ! |
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Écrit par P.R.
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05-10-2005 |
Pour que la Turquie puisse un jour faire partie de l’Union européenne, les dirigeants européens entendaient lui poser ses conditions. Or, à la veille de négociations préliminaires en vue de cette intégration à terme, c’est la Turquie qui pose ses propres conditions à l’Union !
Alors que les autres pays, méprisant l’opinion des peuples et tenant pour nuls et non avenue les « non » français et hollandais au référendum, s’apprêtaient à entamer les discussions avec la Turquie (malgré le refus de celle-ci de reconnaître Chypre, en plus !) l’Autriche, dont 80 % de sa population est hostile à cette intégration, a demandé que soit examinée l’option alternative que serait le partenariat. C’est évidemment aux membres de l’Union de répondre à cette proposition et la Turquie qui frappe à sa porte pour entrer, aurait dû avoir la décence d’attendre cette réponse avant de réagir. Or, son premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a immédiatement rétorqué avec morgue au chancelier autrichien Wolfgang Schuessel que « la Turquie n'acceptera pas autre chose qu'une adhésion totale à l'Union européenne ». Ce n’est tout de même pas à ceux auxquels vous proposez une éventuelle hospitalité de poser les conditions de leur séjour chez vous ! Est-ce à prendre ou à laisser ? Si le président de l’Union européenne avait eu quelque courage devant tant d’arrogance, il aurait envoyé paître le premier ministre turc. Mais ce dernier, enhardi par la pusillanimité européenne, accentue ses menaces. Selon la presse d’Ankara, lors d'une réception donnée pour célébrer l'ouverture de la session parlementaire turque, M. Erdogan s'est adressé à l'ambassadeur autrichien en Turquie en ces termes : « Si vous continuez à faire de la politique de cette façon, vous échouerez à la prochaine élection. » Qu’est-ce à dire, sinon que cet individu suggère qu’Ankara pourrait faire campagne contre le parti de M.Schuessel, ne serait-ce qu’en manipulant les nombreux autrichiens d’origine turque ? C’est là une intolérable intrusion dans les affaires intérieures d’un Etat de l’Union qui devrait susciter la protestation véhémente de tous les autres et d’abord en renonçant à négocier quoi que ce soit avec la Turquie.
Or, c’est le contraire qu’on observe : les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont tenu une réunion extraordinaire dimanche dernier pour tenter de surmonter les objections de l'Autriche à l'ouverture des négociations en vue de l'adhésion de la Turquie à l'Union. Au lieu de dire son fait à la Turquie, on sermonne l’Autriche pour qu’elle devienne « raisonnable » et abandonne sa suggestion ! Malgré cette capitulation, le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah a accusé l’Union « de ne pas respecter sa parole ».
L’arrogance turque se nourrit de la lâcheté de l’Union européenne, laquelle, pour des raisons idéologiques, entend intégrer la Turquie afin d’affaiblir encore plus l’identité chrétienne de l’Europe. Si la Turquie agit ainsi,sans réaction des responsables de l’Union, alors qu’elle n’en est pas encore membre, qu’en sera-t-il le jour où, par malheur, elle le deviendrait ? Rappelons que les Turcs sont aujourd’hui 70 millions et qu’ils seront 100 millions en 2020, eu égard à leur… dynamisme démographique. C’est donc elle qui aurait le plus grand nombre de députés au Parlement de Strasbourg, soit 100 contre 98 pour l’Allemagne et 78 pour la France. C’est la Turquie qui déciderait, ou, à tout le moins, qui pourrait mettre son veto aux projets qui ne lui plairaient pas. Elle ne s’en priverait pas, on le voit dès maintenant.
Extrait du N°1972 du bulletin d'André Noël, reproduit avec l'aimable autorisation de la Rédaction. « Bulletin d'André NOEL » Droit de reproduction, même partielle, par quelques procédés que ce soit, réservé pour tous pays. Édition & Impression : A.I.L.- Ass.1901 - Direction : Mme Vve André NOEL, 23, rue Paul Vaillant-Couturier, 94700 MAISONS-ALFORT Tél & Fax : 01 49 777 333 – e-mail : banoel@wanadoo.fr – N° CPPAP : 73174 – PP : 29566 |
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