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Conférence de Ratisbonne : un nouveau prétexte pour attaquer le Pape et l'Eglise Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Marie Lagarde   
20-09-2006

ImageLe 12 septembre 2006, lors de son voyage en Bavière, le Pape Benoît XVI a prononcé une conférence dans le grand amphithéâtre de l'université de Ratisbonne devant un aréopage d'universitaires. Le Saint Père a conduit sa réflexion sur le rapport entre la Foi et la Raison, recourant à la métaphore, il a cité une controverse qui a bien eu lieu au XIVe siècle entre un empereur byzantin, Manuel II, et un lettré musulman.

Par cette controverse historique, opposant le christianisme à l’Islam, le Pape a voulu rappeler que  la raison est inséparable de la religion catholique.

Il a ensuite repris les propos de Manuel II pour illustrer sa réflexion : « Montre-moi seulement ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme son ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait ».

Le Pape, par cette citation du XIVème  siècle, a voulu condamner la « contrainte en religion » ou « conversion par la violence ». « L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, poursuit le Pape, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme ».

Ces propos ont provoqué un tollé d’une rare violence.

Les réactions et manipulations médiatiques orchestrées autour de la désormais célèbre « Controverse de Ratisbonne » peuvent, déjà, nous livrer certains enseignements :

  • La première réaction aux propos du Pape a été médiatique. La presse s’est enflammée. Combien de journalistes ont réellement lu les propos du Pape avant d’écrire leurs articles ou de faire leurs commentaires ? Comme le dit si justement Yves Thréard dans son Editorial du 18 septembre 2006 pour Le Figaro, « même si la comparaison peut paraître étrange, on attendrait en vain [les excuses] du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, pour les injures qu’il a proférées contre l’Occident et Israël ». Il y a deux poids deux mesures. Il est désormais habituel de constater que les médias se déchaînent quand il s’agit de dénigrer l’Église catholique, alors qu’ils sont d’une étonnante discrétion dans leurs critiques des dignitaires de l’islam.

  • Ironie du sort, l’on pourrait croire que certains responsables musulmans tentent de fournir une illustration des propos du Pape dans les différentes réactions qu’ils suscitent dans la majorité des pays musulmans. Où est la violence ? Un groupe islamique indonésien vient d’appeler à « crucifier le Pape ». Une église catholique a été incendiée à Tulkarem en Cisjordanie. A Toubas, une autre église catholique à été la cible de Palestiniens, en signe de colère contre les propos tenus par le pape Benoît XVI. Alors qu’à Bassorah (Irak) plus de  cinq cents personnes brûlaient l’effigie du Pape, la branche irakienne d'Al-Quaïda rejoignait les deux autres groupes irakiens ayant menacé la Chrétienté en publiant un communiqué : « Nous disons au serviteur des Croisés [ndlr : le Pape] : attendez-vous à la défaite (...). Nous disons aux infidèles et aux tyrans : attendez-vous à ce qui vous afflige. Nous poursuivrons notre jihad. Nous ne nous arrêterons que lorsque la bannière de l'unicité flottera partout dans le monde (...) Nous briserons la Croix. [Vous n'aurez alors d'autres choix que] l'islam ou le glaive » (source : Le Salon Beige).

    A Mogadiscio, le Cheikh Abubukar Hassan Malin a tenu les propos suivants : « Nous vous exhortons, musulmans, où que vous soyez, à pourchasser le pape pour ses propos barbares, comme vous avez traqué Salman Rushdie, l'ennemi d'Allah qui avait offensé notre religion (...) Quiconque offense notre prophète Mahomet devrait être tué par le musulman se trouvant le plus proche de lui (...) Nous appelons toutes les communautés islamiques du monde entier à se venger ».

    Comme l’a dit l’archevêque de Sydney « Les violentes réactions dans de nombreux endroits du monde musulman confirment l'une des principales craintes du pape Benoît XVI. Elles ont montré le lien pour beaucoup d'islamistes entre religion et violence et leur refus de répondre aux critiques avec des arguments rationnels, mais seulement avec des manifestations, des menaces et de la violence ».

  • Le processus de réaction  a été rôdé avec l’affaire des caricatures. Et le mécanisme est désormais bien huilé. Objectif : saisir tous les prétextes pour attiser la haine envers l’Occident chrétien, revitaliser les réseaux islamistes et interdire, de manière systématique, à un non-musulman de parler de l’Islam.

Nous ne pouvons que soutenir le Pape Benoît XVI dans l’ignominieuse campagne dont il est victime et appeler tous les catholiques à faire corps derrière le Saint Père, pour défendre l’honneur de l’Église et dénoncer la violence dont elle est l'objet. La session d’été de Civitas avait pour thème « la Chrétienté, seule réponse à l’islam » ; l’actualité démontre la pertinence de cette affirmation. L’interview de M. Alcader en ligne sur notre site internet : http://www.civitas-institut.com/content/view/403/2/ , illustre de façon très concrète « le vrai visage de l’islam » et invite nos amis à approfondir le sujet et à se mobiliser, avant qu’il ne soit trop tard.

 
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