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Voyage au coeur du « ministère de la vérité » Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Victor Gottereau   
07-08-2006

ImageIl n'est pas inutile de profiter du calme relatif, au sens médiatique j'entends, que nous offrent les semaines d'été pour prendre un peu de recul. Car les échéances électorales de 2007, à défaut sans doute de nous apporter un vrai débat avec de vraies questions, vont nous offrir dès septembre une agitation politicienne et médiatique comme les aiment les démocrates bon teint.

En portant ses regards de la période d'après-guerre jusqu'à aujourd'hui, il est possible d'apercevoir une mise en place méthodique d'un véritable « appareil », dont nous constatons tous les jours les effets concrets, sans toujours se donner le temps de bien en cerner la cause. Je veux parler de l'appareil de défense et de diffusion de ce que l'on peut appeler le « dogme républicain ».

 

Lorsque plusieurs dizaines de grandes entreprises françaises signent une « charte » dans laquelle ils s'engagent à pratiquer la discrimination dite « positive » à l'embauche, ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas non plus par génération spontanée que quelques associations de défense de la « mémoire » de l'esclavage réussissent à susciter une polémique nationale à propos de la commémoraison du bicentenaire du sacre de Napoléon Bonaparte. On pourrait multiplier les exemples, petits et grands, caractéristiques de cette ambiance délétère qui tend systématiquement à disqualifier l'idée patriotique, les racines chrétiennes de notre pays, l'Eglise catholique, l'idée française en général.

La politique, si elle n'a pas l'exactitude des mathématiques, n'en est pas moins une science. Ce sont les Institutions qui façonnent la mentalité du peuple, et non l'inverse. Il existe donc une volonté politique continue depuis 50 ans pour arriver à ce que nous constatons. Cette volonté s'est exprimée par la constitution progressive d'un appareil de pouvoir. Tour d'horizon...

 

Les « briques » judiciaires de l'appareil

 

A la racine, nous trouvons bien sûr la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 et celle de l'ONU de 1948. Nos penseurs républicains contemporains savent bien sans le dire qu'une société a besoin pour exister d'un sous-tendu philosophique, d'une vision du monde. Ils ont bien retenu en cela la leçon de leurs « Grands Ancêtres » de la Révolution dite Française. Les Droits de l'Homme sont devenus une espèce de « décalogue » moderne, faisant de l'homme et de sa liberté un absolu, fin et mesure de tout. L'objectif est avant tout d'éliminer Dieu des institutions et donc des consciences. Sur cette base dogmatique s'est construit depuis quelques décennies, dans l'ordre, un système répressif, essentiellement judiciaire (c'est le négatif), et  une nébuleuse d'organes de « diffusion » (c'est le positif).

 

L'appareil répressif est constitué principalement de trois lois, dont les tenants de la renaissance chrétienne et nationale de la France ont eu à faire quelquefois les frais :

La loi Pléven, votée en 1972, punit « la diffamation commise (...) envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Elle introduisait un hiérarchie dans la diffamation non plus en fonction des propos eux-même (objectif), mais en fonction des caractéristiques de la personne diffamée (subjectif). Par ailleurs, cette formulation alambiquée (« à raison de ») permettait de juger non plus des faits, mais des intentions. C'est le début de la « police de la pensée ».

La loi Gayssot, commise par le député communiste du même nom en 1990, aggrave la situation. Désormais, « toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est interdite ». Le terme de discrimination, que cette loi a contribué à rendre définitivement péjoratif, englobe en réalité une quantité énorme de situations. Dans la langue française, « discriminer » signifie d'abord « distinguer », « choisir », « donner une préférence à », c'est à dire la raison d'être par excellence de la volonté humaine ! Ainsi, par exemple, il est devenu illégal de prôner la préférence nationale dans la vie sociale ; ou d'affirmer la vocation de la Religion Catholique à être sociale, et par la même favorisée dans la vie publique, comme nous l'enseigne la Doctrine Sociale de l'Eglise !

La loi dite HALDE vint compléter le dispositif en 2004 après moult manoeuvres politiciennes. Elle est ainsi nommée car son volet principal est l'instauration de l'organe du même nom dont nous reparlerons. Son deuxième but est l'ajout aux deux précédentes lois de la punition de toute discrimination et toute diffamation envers une personne en raison de son  « orientation sexuelle ». Le lobby homosexuel était satisfait et cela allait dans le sens du dogme. Cette loi rend potentiellement impossible le simple énoncé de la Loi naturelle en ce domaine. Car, vous en conviendrez, énoncer que l'homme et la femme sont destinés par leur nature intrinsèque à s'unir charnellement, sentimentalement et spirituellement, et créer ainsi la structure de base de la société qu'est la famille, c'est effectivement distinguer ce qui est naturel de ce qui ne l'est pas. C'est faire une « discrimination » ! On risque désormais 5 ans de prison et 45000 euros d'amende. On risque aussi, pour peu que le « fauteur » soit un personnage public, un lynchage médiatique du plus grand style. Souvenons-nous de Rocco Buttiglione....

On peut y ajouter quelques lois plus périphériques ou circonstancielles, mais révélatrice de ce « sens de l'histoire » imposé par le législateur. A titre d'exemple, la loi Taubira, du nom de la députée d'extrême-gauche de Guyane, stipule que « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique d'une part, (...) l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. (...) Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent ». Il est remarquable de constater que dans cette loi, ce n'est pas l'esclavage et la traite d'êtres humains en général qui sont condamnés comme crimes (ce qui d'ailleurs n'aurait pas nécessité une nouvelle loi...), mais un fait historique bien déterminé. L'objectif n'est donc pas de qualifier des actes en vue de l'édification des citoyens, mais d'imposer aux français la vision d'un passé honteux et méprisable, le leur. C'est d'ailleurs exactement le sens de l'article 2 concernant les programmes scolaires.

Il est presque amusant de comparer cette loi au tollé incroyable qui a suivi le vote en 2005 de la loi reconnaissant « un rôle positif de la France dans les colonies », et qui a entraîné son retrait. Le président de la République a justifié cette reculade en affirmant que « ce n'est pas à l'Assemblée d'écrire l'histoire ». Ha, oui ?!?

 

Les « ciments » organiques de l'appareil

 

Les organes de diffusion du « dogme » se sont construit progressivement, pour faire aujourd'hui de la France la championne du monde de la « pensée d'Etat ».Trois d'entre eux sont particulièrement marquants vis à vis du sujet qui nous occupe.

Le plus ancien est la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH), fondée en 1947. Elle était au départ un organisme d'influence et d'observation à vocation plutôt mondiale, son rôle étant d'influencer le droit international et d'établir des recommandations en ce domaine. Cette commission, surtout par la voix de son emblématique président René Cassin, est à l'origine de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de l'ONU en 1948.

Son champ de compétence est étendu au plan national en 1986 et le nombre de membres est augmenté à 70. En 1990, la loi Gayssot déjà évoquée la charge dans un de ses alinéas de produire un rapport annuel sur le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Nous suivons bien le fil... Au plan national, elle a un double rôle de vigilance et de proposition, dans les domaines législatif, politique, administratif, etc. Elle émet dans ce but des avis et des rapports, sur saisine du Premier Ministre, du gouvernement ou en autosaisine. Sa composition est censé être pluraliste et représentante de la société civile : 33 membres sont issus des associations de défense des droits de l'homme, 7 sont issus des centrales syndicales dites représentatives, et 47 personnalités viennent de divers horizons (on y trouve en particulier un représentant par religion -  L'archévêque de Paris Mgr Vingt-Trois pour l'Eglise catholique). Un survol des origines précises de ces membres laisse rêveur : il s'agit à plus de 50 % du gratin de la gauche « bien-pensante » : SOS Racisme, MRAP, Ni pute ni soumise, LICRA, Amnesty International, Ligue des Droits de l'Homme, France Terre d'Asile, Médecins du Monde, Reporter Sans Frontière, CGT, FO, CDFT, etc....

Il est aussi instructif de jeter un oeil sur le fameux rapport annuel contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. En plusieurs centaines de pages nous est décrit un état précis des actes anti-maghrébins, anti-juifs, anti-islam, avec force statistiques, schémas, histogrammes et courbes. Pas un seul paragraphe n'est consacré à la christianophobie, au racisme anti-blanc ou anti-français. Ce parti-pris est évidemment aux antipodes de la réalité vécue par des millions de français. On se souvient par exemple des remous qu'avaient fini par provoquer certains groupes de rap dont les paroles sont des appels au meurtre, à la violence et à la haine contre la France, la police, l'Etat et la justice. Le rapport, lui, n'en souffle mot. Au contraire, dans le chapitre dédié au racisme sur Internet, c'est le site OAS (Organisation Anti-Sniper) qui est épinglé, sans rien dire du dit groupe Sniper dont il ne m'est décemment pas possible de citer les textes dans ces lignes ! Un autre leitmotiv revient le long des pages : Les auteurs d'actes et de propos racistes sont très souvent catégorisés comme « d'extrême droite », dans une évidente confusion des genres. L'objectif non avoué est l'assimilation de la droite nationale avec les quelques groupuscules violents à l'origine de ces faits.

Enfin le concept de « choc de civilisations » est tout le long du rapport classé comme « thèse d'extrême droite », ce qui permet de le clouer au pilori sans démonstration. L'intention est une fois de plus de distiller l'égalité absolu des cultures et des religions, toutes aptes à cohabiter harmonieusement sous l'égide bienfaisante de la laïcité et de la démocratie universelle et maçonnique. Face à l'islam, qui plus qu'une religion est un système de lutte sociale, politique, culturelle contre le Christianisme et la civilisation occidentale, et qui désormais envahit l'Europe, une telle utopie laisse songeur.

En résumé, la CNCDH est la « gardienne du temple » par excellence. Par son indépendance, par sa faculté de donner des avis et des rapports sur tout ce qui lui plaît, elle est réellement cette autorité morale garante de ce pseudo-décalogue de la religion humaniste nouvelle que sont les « Droits de l'Homme ».

 

La Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l'Egalité (HALDE), instituée par la loi du 30 décembre 2004, a un rôle plus directement concret.  Ses missions sont de deux ordres : d'une part, recevoir et traiter les plaintes reçues des particuliers et des associations victimes des cas de discrimination punis par la loi, d'autre part émettre des avis et recommandations, diffuser les « bonnes pratiques », afin de faire « entrer le principe de non-discrimination dans les faits ». Elle est composée d'un Collège de 11 membres et d'un Comité consultatif de 18 membres. On y retrouve   une même majorité de personnalités du milieu associatif de gauche (GODF, syndicats, Mouvement pour le Planning Familiale, MRAP, SOS Racisme, CNCDH (!), etc...).

Son rapport annuel est d'abord constitué de statistiques, et d'exemples (bien choisis...) les accompagnant. On y apprend que la HALDE a reçu en 2005, 1822 dossiers de discrimination, et qu'elle en a traité 626. Dans la répartition par critère, 2 chiffres sont à noter : 39,6 % sont liés à l'origine ethnique, et 2,5 % liés à l'orientation sexuelle. On se souvient que ce motif agité comme un épouvantail par le lobby homosexuel avait servi à justifier dans l'opinion publique le besoin de la loi HALDE.... On y apprend aussi, au détour d'un exemple que « la préférence familiale peut être une discrimination ». Oui, vous avez bien lu...

Mais ce qui est plus grave, ce sont les actions de « propagande » qui y sont décrites. La HALDE promeut le principe du « testing », cette méthode stalinienne qui consiste à envoyer deux « échantillons » candidats, l'un étant susceptible d'être discriminé et l'autre pas. La jurisprudence française a désormais décrété que cela avait valeur de preuve. La HALDE par ailleurs a fait signer des conventions à des institutions et organismes publiques ou privés, par lesquelles ceux-ci s'engagent à appliquer des bonnes pratiques de non-discrimination, ou à collaborer à l'action de la HALDE. Ainsi, la FNAIM (fédération d'agents immobiliers) a mis en place des structures de formation et d'information, afin d'inculquer à ses agents les bonnes pratiques en matière immobilière. Vous avez dit lavage de cerveau ? De même, Science-Po, le CNB, la chaîne Public‑Senat et la CNIL se sont engagés à collaborer sous différentes formes aux actions de lobbying de la HALDE . Ce n'est qu'un début...

L'objectif est là encore de d’infuser dans les masses un état d'esprit qui annihile tout réflexe national et toute référence à des valeurs autres que le catéchisme de la non-discrimination.

 

Dans un autre registre, la France s'est doté d'une Mission Interministérielle de VIgilance et de LUtte contre les DErives à caractère sectaire (MIVILUDE). Cet organisme, crée par les socialistes en 1982 sous une autre forme, était une réponse de l'Etat à l'augmentation considérable du nombre de sectes depuis 30 ans. Le rapport initial, à l'origine de cette institution, fut commis par un franc-maçon, Alain Vivien (ce qui est un comble...). Il y expose les 4 principaux griefs à l'encontre des sectes : la séquestration morale des adeptes, une idéologie totalitaire, un enseignement imposé aux enfants sans libre choix, une utilisation excessive et systématique du bénévolat. La loi About-Picard de 2001 consacrait la définition d'une secte et donnait le pouvoir de dissolution à l'Etat : Désormais, il peut interdire toute association « ... qui poursuit des activités ayant pour but ou pour objet de créer, de maintenir ou d'exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités ». On voit le flou...

Même si tout n'est pas totalement faux, car le danger sectaire est réel et grandissant, la république est ici empêtrée dans son laïcisme. Comment peut-elle se permettre de juger les groupes religieux, elle qui depuis 1905 n'en reconnaît aucun ? Car en regardant le rapport à l'envers, ce que souhaitent le FF Vivien et tous ses successeurs, c'est que les religions pratiquent le pluralisme dès l'enfance, n'aient plus un enseignement dogmatique et ne pratiquent pas la « séquestration mentale et morale ». Dans la bouche d'un franc-maçon, cela veut dire qu'elles doivent respecter la « super-religion » des « Droits de l'Homme ».

Car enfin, les couvents, congrégations, écoles catholiques, à plus forte raison ceux et celles de la mouvance traditionnelle de l'Eglise, ne pratiquent pas le pluralisme religieux et culturel, ont un enseignement qui par exigence contient des dogmes, et qui (pour les congrégations) font faire des voeux à ses membres, ce qui pourrait aisément être qualifié de « séquestration morale ». Danger....

 

La « religion » du IIIème millénaire

 

Ce voyage au coeur du système de lois et organes mis en place par notre pays permet de se convaincre qu'il n'est ni le fruit du hasard, ni l'addition de « strates » institutionnelles laissées par plusieurs générations d'hommes politiques. Sa logique, son organisation, les moyens dont il dispose montrent bien qu'il est le fruit d'une pensée structurée et d'une volonté politique déterminée. Cette pensée est celle de ces hommes qui, dans la lignée des révolutionnaires de 1789, ont abattu petit à petit pendant deux siècles le rayonnement politique et social du Christianisme. Aujourd'hui, le travail est presque accompli, le temps de la reconstruction est arrivé : solve et coagula. Cette édification nouvelle, nous en avons vu les outils, il s'agit bien d'une « meta-religion », celle des Droits de l'Homme. Elle n'est pas la nôtre.

 

 
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