Faites un don

Chacune de nos activités, chacun de nos engagements a un coût financier qui limite nécessairement nos capacités. Pour nous aider à étendre notre influence, pour multiplier nos actions, nous avons besoin de votre soutien financier (déductible de vos impôts).
Vous ne pouvez nous donner un peu de votre temps ? Donnez-nous un peu de votre argent !

Envoyez un don en cliquant sur le bouton ci-dessous (paiement sécurisé par carte bancaire ou avec un compte Paypal) :

Lettre aux amis de Civitas

Inscrivez-vous à notre lettre d'information électronique






Israël : jamais deux sans trois ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Martin Pellerin   
28-07-2006

ImageL’absence de réaction sévère à l’encontre d’Israël dans la guerre qu’il mène en ce moment contre ses voisins est lourde de danger.

La guerre qui se déroule actuellement au Moyen Orient est une tragédie dans laquelle Israël mène le jeu, nous avons déjà assisté aux deux premiers actes, y en aura-t-il un troisième ?


Reprenons la chronologie de cet enchaînement qui n’est peut-être pas fortuit…


Prologue

Depuis longtemps Israël tient sous sa coupe les territoires palestiniens, y exerçant sans ménagement une pression politique, économique et plus encore morale, qui équivaut à une occupation de fait. Sa politique lui vaut bien entendu la haine farouche du peuple palestinien et alimente une résistance armée qui, au fil des ans et avec l’aide de pays voisins pas forcément recommandables, devient de plus en plus combattive.


Récemment le peuple palestinien élit (démocratiquement, personne ne le conteste) un parlement dominé par le mouvement Hamas, leader de la résistance à l’État hébreu. Ce dernier refuse de reconnaître ce parlement et son gouvernement au titre que le Hamas est une organisation terroriste qui veut la destruction d’Israël et il entreprend des opérations militaires systématiques destinées à déstabiliser ce nouveau gouvernement.

Mais ces actions sont encore trop limitées, un grand coup de balai dans les territoires palestiniens rassurerait le gouvernement israélien.


Acte 1

Fin juin, arrive une opportunité : des résistants palestiniens, au cours d’un coup de main, enlèvent un soldat israélien. Belle occasion pour Israël, sous prétexte de rechercher son soldat, de donner libre cours à sa politique d’anéantissement de toute structure politique, administrative, voire économique de l’État palestinien : bombardement, incursion, représailles ciblées ou non, une fois encore l’État hébreu ruine ce qui existait d’organisation de la vie des Palestiniens. Ceux-ci sont condamnés une fois de plus au désespoir par une politique israélienne qui, délibérément, détruit tout ce qui, dans les territoires palestiniens, pourrait s’apparenter à la mise en place d’un Etat indépendant.


Notons, et ce n’est pas la moindre des remarques, que cette politique se fait ouvertement, sans que l’opinion internationale (mais qu’est-ce donc ?) s’en émeuve outre mesure, et avec l’aval des Etats-Unis. Cette passivité de la communauté internationale (dont il conviendra un jour d’en dévoiler les causes) est un signal fort pour Israël, lequel attend désormais une opportunité pour poursuivre sa politique de neutralisation de ses voisins.


Acte 2

L’occasion se présente, puisque le Hezbollah, à son tour, le 12 juillet, fait prisonniers au cours d’une opération militaire, deux soldats israéliens au sud Liban.

Occasion en or pour Israël pour justifier la politique qu’il va mettre en œuvre de destruction systématique d’un voisin qui commençait à se relever des ruines des guerres qui ont ravagé son territoire depuis une trentaine d’années…

De fait, si la milice du Hezbollah est visée dans les attaques aériennes et navales de l’armée israélienne, les objectifs traités vont bien au-delà de ceux qui offriraient un soutien quelconque à la milice islamiste. Car Israël a entrepris une terrible planification de destruction de l’Etat libanais, au mépris de toute proportionnalité entre la cause de sa réaction (récupérer ses deux soldats, neutraliser la menace du Hezbollah qui, de fait, a tiré des centaines de roquettes sur des villages israéliens) et les actions de guerre totale qu’il mène sur ce territoire d’un état souverain1. Pour preuve : les bombardements ne se limitent pas aux zones tenues par le Hezbollah, les destructions ne visent pas que les installations et les matériels du mouvement islamiste, les victimes se répartissent dans toute la population et un phénomène général d’exode est en cours à l’intérieur du Liban, mais aussi vers l’étranger.

Objectivement, si une personne mal intentionnée avait voulu ruiner délibérément un pays qui se relevait péniblement de ses ruines, elle n’aurait pas procédé autrement…


Tout cela se fait sans que les instances internationales s’émeuvent outre mesure… Certes des appels à la cessation du conflit ont été lancés, des pays vont se réunir sous l’égide de l’ONU pour débattre de l’envoi d’une force d’interposition, mais déjà Israël, après trois semaines de campagne aérienne, a porté de tels coups à son voisin que celui-ci mettra du temps à se relever, s’il en a encore le goût (mais le peuple libanais a déjà montré en des circonstances similaires un magnifique courage…).


Vers un 3ème acte ?

Par deux fois, avec une détermination sans faille, Israël vient de frapper - pour ne pas dire anéantir - les structures d’États voisins, sans que la communauté internationale ne le condamne autrement que du bout des lèvres.

L’État hébreu doit il comprendre cette absence de réaction tangible comme, si ce n’est un encouragement, du moins un feu vert pour aller plus loin ? Car dans la logique du gouvernement de Tel-Aviv, Israël compte encore des ennemis dans sa région, en particulier la Syrie et peut-être plus encore l’Iran. Puisque l’ONU et les pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis, ont manifesté une évidente retenue (à comparer par exemple avec la mobilisation internationale contre « l’épuration ethnique »de la Serbie au Kosovo), n’est ce pas l’indication que la voie est ouverte pour qu’Israël neutralise ses deux derniers voisins ? D’autant que, dans l’esprit des occidentaux, la neutralisation de l’Iran serait une bonne affaire…


Commentaires sur les acteurs

L’analyse de la tragédie met en évidence le rôle central d’Israël, pour autant cette pièce se joue à plusieurs.

Israël est bien évidemment au centre du jeu, et s’il ne manie pas les autres acteurs en sous-main, du moins n’a-t-il pas son pareil pour provoquer des réactions qu’il exploitera au profit de sa politique, à savoir : l’État hébreu est assiégé par des pays hostiles qui veulent sa destruction, il ne reculera devant rien (y compris l’arme atomique ?) pour assurer sa sécurité. Celle-ci passe par la neutralisation de ses voisins, d’une part pour exclure toute menace militaire, d’autre part pour transférer hors d’Israël les populations exogènes au peuple juif.

La Syrie de son côté tire profit des désordres au Liban. Ce dernier qu’il considère comme une de ses provinces de toujours commençait à se redresser et surtout à manifester une réelle indépendance à son égard, le chaos actuel remet en cause cette évolution. De plus l’enquête, gênante pour la Syrie, sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri est enterrée pour un certain temps…

L’Iran, chantre de l’opposition aux Etats-Unis et à Israël n’est pas mécontent de tenir la dragée haute à Tsahal, par Hezbollah interposé, et accentue de cette manière son influence dans la région

Les Etats-Unis, constants dans leur politique, soutiennent et soutiendront Israël quoi qu’il arrive.

Quant à l’ONU et aux Européens, ils arriveront après la bataille pour occuper la place que les acteurs voudront leur laisser …


Moralité de la pièce

Nous sommes en train de vivre une tragédie qui risque de se prolonger encore longtemps. Chaque camp est sûr de son droit, de sa cause et l’impasse est totale.

L’avenir de la région ne peut se régler par les armes, la solution ne peut venir que d’un compromis, de concessions réciproques entre les acteurs pour trouver un modus vivendi acceptable par les différentes parties prenantes, mais trop de sang a coulé, trop de haine s’est épanchée pour que les choses bougent dans l’immédiat.

Cette partie du Moyen Orient est condamnée à connaître encore et pour longtemps l’affrontement de peuples qui se battent pour occuper un territoire que chacun revendique à son usage exclusif.

 

1 Au 26 juillet le montant des destructions causées par les raids israéliens était estimé à 1,6 milliards de dollards.

 
< Précédent   Suivant >

Vos achats en ligne

Revue Civitas

Abonnement d'un an à la revue Civitas (4 numéros)
20€

 


Pour acheter au numéro :

Cliquez ici