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L’euthanasie au cœur du débat des Présidentielles de 2007 ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Marie LAGARDE   
17-06-2006
ImageComme en 1975 pour l’avortement, la justice tente de devancer le législateur. L’actualité judiciaire des derniers jours, amplement relayée par les médias, rappelle les moyens d’action utilisés par les hérauts de la culture de mort, pour faire évoluer le législateur sur la question de l’avortement : rendre des décisions de justice qui ne sont pas en conformité avec la loi afin de dépénaliser des actes reconnus comme criminels par notre code pénal puis contraindre le législateur à faire évoluer la loi...

L’objectif est simple : sensibiliser l’opinion sur des affaires qui sont à la délicate frontière entre l’acharnement thérapeutique et la véritable euthanasie. Les médias entretiennent volontairement le flou en utilisant la double terminologie d’« euthanasie passive » et d’« euthanasie active » sans faire la nécessaire distinction entre « laisser faire la nature » et « donner délibérément la mort » par un acte concret (administration d’un cocktail lithique par exemple).

Ce processus n’est pas sans rappeler celui qui avait été utilisé pour obtenir l’adoption de la loi autorisant l’avortement. En 1972, le procès de la jeune Marie-Claire, à Bobigny, avait abouti à un célèbre jugement disposant que la loi de 1920 sur l’avortement n’était plus applicable. La récente « affaire Humbert » qui a abouti à l’ordonnance de non-lieu du 27 février 2006 est encore dans toutes les mémoires et voici que l’actualité judiciaire replace au premier plan le débat sur l’euthanasie avec les affaires de Bordeaux et d’Angers. La cour d'assises du Maine-et-Loire à Angers, vient, en effet, d’acquitter  Morten Jensen accusé d'avoir tué sa femme mourante. Ce danois de 37 ans marié à une Française, comparaissait pour "homicide volontaire" pour avoir mis fin aux jours de son épouse qui était atteinte d'un cancer généralisé en phase terminale, en janvier 2003. Le processus est relancé.

A l’approche des élections de 2007, les hommes politiques commencent à se positionner sur ce sujet brûlant, qui sera, sans aucun doute, au cœur du débat pour les présidentielles.  Pascal Clément s’est prononcé sur Canal +, cette semaine, contre la légalisation de l’euthanasie. Bertrand Delanoë, quant à lui, vient de réclamer la dépénalisation de l’euthanasie. Il n’est pas inutile de rappeler l’un des épisodes de la barbarie nazie. C’est Hitler qui fut le grand précurseur en la matière puisqu’il légalisa l’euthanasie  par un décret en 1939 instituant « l'habilitation de certains médecins à accorder la délivrance par la mort aux personnes qui, dans les limites du jugement humain et à la suite d'un examen médical approfondi, auront été déclarées incurables. » Il est donc temps de se mobiliser pour défendre ce qu’il reste du droit fondamental à la vie inscrit dans la loi naturelle et même notre constitution.

 
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