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Une fois de plus, les professionnels du devoir de mémoire à sens unique veulent trouver de nouvelles responsabilités au drame de la Shoah. C'est à l'occasion de son discours à Auswitch que le Pape Benoit XVI a été pris dans un tourbillon d'indignations mené par une partie de la grosse presse.
Le Saint Père a pourtant, comme c'est son rôle, apporté un éclairage spirituel à la tragédie des camps, et suggéré que l'homme qui se coupe de Dieu est capable d'engendrer de telles horreurs. Sacrilège ! Il eut fallu pour ces bonnes âmes que l'Eglise par la voix de son chef batte sa coulpe. Durant les cinquante dernières années, un nombre incalculable de campagnes ont tenté de répandre l'idée du fameux « silence » de l'Eglise sur le nazisme, et de Pie XII en particulier. Une foule d'ouvrages ont sans discussion possible montré la fausseté de cette affirmation. Un nouveau pas est franchi désormais : c'est la civilisation chrétienne qui est responsable ! C'est ce qu'a déclaré le grand rabbin de France Joseph Sitruk, au cours d'une interview dans laquelle il juge les propos du Pape avec un aplomb qui laisse perplexe : « Quelque part, l'Eglise officielle ne se sent pas à l'aise avec cet épisode, il y a un silence coupable. Aujourd'hui, il ne faudrait pas qu'il y ait de paroles accablantes (...). Il y a eu six millions de juifs assassinés parce qu'il étaient juifs, on se doit de chercher les raisons de cette tragédie. Cela s'est passé au coeur d'une civilisation chrétienne. Il y a toute une responsabilité collective que, très dignement, l'Eglise aurait pu reconnaître. » Il faudrait rappeler au grand rabbin la manière dont les principes du nazisme ont été condamnés en 1937 par l'Eglise. Lui rappeler aussi que la déïficiation de l'homme à travers la race et le panthéisme païen qui fondent l'idéologie nazie sont au antipodes de la philosophie chrétienne. Lui ouvrir les yeux enfin sur cette vérité de l'histoire : c'est après la déchristianisation des esprits et des sociétés amorcée au XVIIIème et quasi accomplie au XXème siècle qu'ont fleuri les régimes totalitaires les plus féroces de l'histoire de l'humanité : le nazisme et le communisme. |