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Caricatures de Mahomet : Islam 1, Occident 0 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Victor Gottereau   
08-03-2006

ImageLa tension est désormais retombée. On ne parle plus guère dans la presse des caricatures de Mahomet. Conformément à la logique du tourbillon médiatique, une nouvelle « affaire » en pousse une autre vers les oubliettes. C'est le moment pour nous d'effectuer avec ces quelques semaines de recul une analyse et une mise en perspective de cette affaire.

En effet, si le fait lui-même est objectivement assez insignifiant, l'hystérie diplomatique et internationale qui en a résulté et ses répercussions chez nous sont révélateurs d'une évolution qui, si elle est parfaitement logique, n'en est pas moins excessivement grave.

Résumons brièvement les faits :

Le 30 septembre 2005, le journal danois Jyllands-Posten publie douze caricatures du prophète de l'islam. Il s'agissait initialement d'une réponse de différents caricaturistes à Kåre Bluitgen, auteur se plaignant de ne trouver personne pour illustrer son livre sur Mahomet depuis l'assassinat de Théo Van Gogh aux Pays-Bas. Fin octobre, l'affaire n'est encore qu'un simple débat danois, pimenté de menaces de violences venant de la forte communauté musulmane installée dans ce pays.

Il faut attendre janvier 2006 pour qu'elle prenne l'ampleur internationale qu'on connaît : les caricatures sont publiées dans des journaux de plusieurs pays européens, les pays musulmans demandent les uns après les autres des excuses ou menacent. D'autres rappellent leurs ambassadeurs.

En février, des manifestations dégénèrent dans de nombreux pays musulmans, des ambassades occidentales sont incendiées à Damas, Beyrouth, Sarajevo, Gaza, Teheran, Le Caire. Des drapeaux danois, français, norvégiens sont brûlés ; les produits en provenance de ces pays sont boycottés. Des chrétiens sont massacrés et des églises brûlées au cours d'émeutes violentes dans certains pays. Face à cela, les gouvernements occidentaux embarrassés oscillent entre la défense du « respect des croyances » et celle de la « liberté d'expression », alors que les instances islamiques interviennent à l'ONU pour rendre impossible le « blasphème » et « l'islamophobie ».

L'islam unifié à la conquête de l'Europe

La première chose qui saute aux yeux dans cette affaire, c'est le goût de « coup monté » qui en ressort. Une indignation violente et concertée de tout le Dar al Islam avec 3 mois de retard, cela laisse un doute quant à sa spontanéité... Il y a donc autre chose.

On a l'impression, à y regarder de près, que le monde musulman attendait un prétexte : la publication des ces caricatures fut une « divine surprise », une dérision propre à faire s'indigner les masses musulmanes. De toute évidence, l'occasion était en or.

Donc, un prétexte, mais à quoi ? Le déroulement de l'affaire nous le suggère : il s'agit de tester les réactions des nations européennes. Lorsque des états exigent des excuses et usent d'intimidation vis à vis de gouvernements souverains pour de simples publications journalistiques, cela ressemble à un test de résistance psychologique : fera, fera pas... ?

De ce point de vue, c'est une nette victoire pour l'islam : les états européens (ou du moins leurs représentants) se sont empêtrés dans des demi-excuses, ménageant la chèvre et le choux. L'image d'un Jacques Chirac capable dans la même phrase de défendre la liberté d'expression et de fustiger les « provocations inutiles » est caractéristique. L'attitude « moyenne » des pays européens n'a pu que renforcer chez les musulmans cette image d'une Europe méprisable, au laïcisme décadent, qui baisse la tête parce qu'elle n'a plus d'âme et qu'elle a perdu son idéal. Incontestablement, l'islam se sent plus fort : l'un des buts est atteint.

A cela s'ajoute « l'effet tenaille » : dans la plupart des pays européens, l'implantation des musulmans a atteint un point critique. Il s'agit presque partout d'un communauté nombreuse, peu ou mal intégrée, très active en terme de communautarisme, qui a profité des lois immigrationnistes ultra-permissives pour s'installer et des utopies laïcardes et gauchisantes pour développer un discours agressif et revendicatif. La France avec ses 5 millions de musulmans pratiquants déclarés en est le meilleur exemple. Aucun gouvernement occidental n'a plus les « mains libres » de ce côté-là : aux pressions extérieures (des pays islamistes) s'est donc ajoutée une pression intérieure.

Dans ce même ordre d'idées, – et c'est sans doute le point le plus grave – l'affaire des caricatures a joué comme un ciment : il n'y avait plus de « tendances », plus d'islam dur et d'islam modéré, plus de terroristes et de bons musulmans démocrates. Il n'y avait plus que Mahomet et ses troupes en bon ordre pour fustiger l'insulte. La recette est vieille comme le monde : fédérer contre un ennemi commun.

Ceci était d'autant plus prévisible que l'islam est une religion qui ne peut fondamentalement pas s'intégrer dans un régime « démocratique », ne faisant aucune espèce de distinction entre le spirituel et le temporel. Il est donc illusoire de croire à la viabilité d'un islam « tolérant » et « modéré ». L'attitude de M. Boubakeur (président du CFCM, l'islam « modéré » de France) nous l'a suffisamment prouvé. Les utopies sarkosiennes et chiraquiennes en ce domaine ont été légèrement égratignées ces dernières semaines...

Finalement, cette affaire a valeur de test dans une stratégie à plus long terme du monde musulman qui est sans conteste l'islamisation de l'Europe par tous les moyens. Par l'intérieur, en favorisant l'expansion et en fédérant idéologiquement des communautés musulmanes usant avec excellence du « droit à la différence » et de l'anti-racisme dévoyé de nos idéologies révolutionnaires. Par l'extérieur maintenant, en l'obligeant à céder toujours un peu plus de terrain diplomatique à chaque « coup » mondial comme celui-là.

Une philosophie contre une utopie

A ce jeu, dans l'état actuel des choses, nous perdrons. L'histoire a des constantes : un peuple qui perd ses racines et sa philosophie du monde est voué à disparaître.

Nos sociétés occidentales qui ont renié socialement le Christ depuis deux siècles ne font que profiter, telles des rentières, de l'héritage culturel, intellectuel, social, juridique, moral des siècles de Chrétienté. Mais nous sommes en train de l'épuiser. Combien de fois entendons-nous que les repères et les idéaux sont en perdition ?

Nous avons mis l'homme au centre de tout, en faisant de sa liberté un absolu à l'aune duquel tout doit être jugé. Mais une utopie se heurte toujours à la réalité : que faire lorsque deux libertés d'hommes-dieux entrent en conflit ? Nous connaissons tous cette formule portée au pinacle mais qui n'est en fait qu'une pirouette : ma liberté s'arrête là où la vôtre commence....

Car où placer cette fameuse limite ? Une société dans laquelle les citoyens partagent un patrimoine culturel et moral commun – et qu'on le veuille ou non, ce patrimoine chez nous est chrétien – pourra tant bien que mal trouver un consensus. Mais lorsque la conception du monde diverge radicalement, la perception de cette limite va diverger pareillement. En effet, un musulman ne pourra répondre que par ceci : « La limite c'est le Coran qui la donne, dès que vous enfreignez une prescription de la loi islamique, vous enfreignez ma liberté ». Car comme nous l'évoquions plus haut, l'islam n'établit aucune hiérarchie des choses et des préceptes, niant presque le principe de causalité : Inch Hallah, « Dieu l'a voulu ». Le corpus religieux de l'islam n'est donc nullement un code moral qui guide les croyants dans la recherche du bien, mais un ensemble de préceptes très concrets et, il faut bien le dire, souvent rétrogrades et quelquefois violents. Il ne peut fondamentalement pas s'accorder avec la conception totalement subjective de la liberté révolutionnaire.

Dans l'affaire des caricatures, les justifications des deux camps ont été un révélateur de ce fossé : d'un côté, une liberté d'expression martelée par de bonnes âmes avec une insistance pesante, alors qu'elles échafaudent dans le même temps des barrières toujours plus solides pour la sauvegarde d'une sorte de « morale » laïque et républicaine. Les lois Pleven et Gayssot en sont des exemples criants, et les musulmans ont eu beau jeu de décrier avec un sourire en coin le traitement particulier de l'antisémitisme.

De l'autre une affirmation sans faille de la primauté de la foi musulmane : en insultant notre prophète, vous insultez notre foi, nous ne vous laisserons pas faire. Le numéro deux d'Al-Qaïda a déclaré à ce sujet : « Les insultes contre le prophète Mahomet ne sont pas le résultat de la liberté d'expression ». On ne peut être plus clair...

Le vrai remède

Tout le monde l'a bien perçu : face à la détermination des musulmans, le concert cacophonique des réactions occidentales fait pâle figure.

Car seule la religion catholique affirmée socialement pourra lutter à armes égales contre cette stratégie de conquête. La vraie liberté, celle de l'Evangile, celle que Jésus-Christ nous a promise si nous nous attachons à la vérité, n'est pas celle de l'homme-dieu de 1789, elle n'est pas non plus la « liberté » des musulmans qui est synonyme d'oppression du Coran.

La liberté chrétienne est la faculté qu'a tout homme de discerner et de choisir le bien, ainsi que les moyens pour y parvenir. Et ce bien, n'en déplaise aux laïcistes, est objectif. Si la perfection n'a jamais été de ce monde, il faudrait cependant être malhonnête pour nier les trésors que nous ont légués les siècles chrétiens dans tous les domaines humains : sciences, morale, art, civilisation, justice.

En apportant à l'homme son salut individuel, le Christ, directement puis à travers son Eglise, a ajouté les principes sociaux qui découlent de cette fin ultime. Une société chrétienne est une application dans le temps et l'espace de ces principes, dans la vraie liberté et pour le plus grand bien (objectif) des hommes qui la composent.

Voilà la seule vraie riposte aux prétentions de l'islam sur notre vieux continent : la ré-affirmation de nos racines chrétiennes et leur mise en pratique dans une refondation de nos sociétés sur les principes chrétiens. Il s'agit alors d'un riposte doctrinale et non d'une insulte blessante qui ne fait que renforcer le monde musulman dans sa détermination.

Cette affaire des caricatures est peut-être le début d'une prise de conscience chez nos compatriotes, d'abord du danger que représente l'islam dans sa prétention d'uniformisation du monde en général et de l'Europe en particulier dans le carcan sectaire du Coran, ensuite de la faiblesse idéologique de nos sociétés laïcistes en décadence. A nous désormais de leur montrer la voie du salut au milieu de ces deux inquiétants constats.

 
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