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Le président du Sénat italien appelle à la défense de l'Occident Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Dominique MARIVAL   
04-03-2006
ImageMarcello Pera, le président du Sénat italien, vient de lancer un manifeste en faveur d’un Occident fier et désireux de se relever. Une initiative courageuse dans le contexte de la montée de l’Islam et de la campagne des législatives de l’autre côté des Alpes…

Le 23 février 2006, Marcello Pera, président du Sénat italien et membre de Forza Italia, le parti de Berlusconi, a lancé un manifeste, lors d’une conférence de presse à Rome, pour "défendre l'Occident, traversé par une crise morale" et menacé "par le fondamentalisme et le terrorisme islamiques". "L'Occident traverse une crise d'identité culturelle, morale et spirituelle", allant jusqu’à se sentir à tort coupable de son bien-être et responsable indirectement du terrorisme. " Et d’ajouter : "L'Occident est vie. L'Occident est civilisation. L'Occident est liberté."

Les principes avancés par le deuxième personnage de l’Etat pour sauver l’Occident sont le refus de bâtir une Europe concurrente des Etats-Unis, la défense d’Israël, l’opposion au laïcisme envahissant et au relativisme culturel ("l'égalité de tous les styles de vie et de tous les styles de culture"), la défense "des racines judéo-chrétiennes de l'Europe" et "du droit à la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle".

Dans un entretien deux jours plus tôt au Corriere della Sera, premier quotidien italien, il rejetait toute position de culpabilité face à l’Islam et prônait même une attitude de fierté : « Si nous demandons pardon, si nous mettons un genou en terre, nous avons déjà perdu », et de recommander de mettre les Etats musulmans face à leurs responsabilités.

L’été dernier, dans un discours à Rimini à la tribune du congrès international du mouvement Communion et Libération dont le thème était « Pour l’amitié entre les peuples » …, il s’était déjà fait remarquer en disant que l’Occident était confronté à une crise interne et était victime « d’une guerre sainte », en accusant l’immigration « de métisser l’identité européenne », en critiquant comme suicidaire  « la doctrine du relativisme qui veut que toutes les cultures sont égales, qu’on ne peut les comparer et qu’on ne peut les mettre sur aucune échelle pour juger si l’une est meilleure que l’autre ». Il avait du même coup soulever une vague de déclarations indignées parmi des personnalités politiques et religieuses…

La portée pratique de ce manifeste, dans le contexte de la campagne des élections législatives, est que chacun de ses signataires s’engage moralement et politiquement à le faire respecter en cas de victoire aux élections. 67 personnes l’ont déjà signé, dont quatre ministres de l’actuel gouvernement de Silvio Berlusconi et une dizaine de parlementaires. Selon Pera, le chef du gouvernement, quoique non signataire, le soutient.

M. Pera, philosophe et anthropologue de formation, professeur à l’université de Pise, conservateur, catholique de raison (« je n’ai pas reçu la grâce de la foi », observait-il l’an passé), élu président du Sénat en mai 2001, est un proche du pape Benoît XVI. Il s’était fait remarquer par des propos iconoclastes en décembre 2004 dans un livre écrit avec le cardinal Ratzinger, Sans racines. Europe, relativisme, christianisme et islam : tous les deux y plaidaient pour un sursaut de l’Europe et pour la défense des racines chrétiennes.

 
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