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Le rapport de la Mission d'information sur les droits des enfants et de la famille (18 UMP, 8 PS, 2 UDF et 2 PC) a été voté mercredi avec ses cent propositions, qui doivent être reprises en grande partie dans un projet de loi de réforme de la protection de l'enfance en 2006. On s'attendait à un galop d'essai dans la révolution du droit de la famille, on n'a eu qu'un trot, voire un pas. Non pas le train grande vitesse de la décadence mais un tortillard. qui a fait dire au président socialiste de la Mission que ce rapport est « conservateur » et « ne va pas suffisamment loin ». Ce ralentissement dans l'éclatement de la famille ne doit pourtant pas faire illusion.
Un pas en avant sur les « droits » des pacsés, un autre sur le rôle de « beaux-parents », mais le rapport « refuse la reconnaissance d'un droit à l'enfant » et « maintient les principes actuellement applicable au mariage » et « les règles en vigueur pour l'adoption ». Refus donc du mariage homosexuel et de l'homoparentalité : la Mission « ne souhaite pas, au nom du principe de précaution et dans l'intérêt supérieur de l'enfant, remettre en cause les principes fondamentaux du droit de la filiation fondés sur le tryptique "un père, un mère, un enfant". C'est pourquoi elle est aussi, logiquement, conduite à refuser l'ouverture du mariage aux couples du même sexe ». Du coup, Christine Boutin a voté en faveur du rapport (voté par les députés UMP et UDF mais rejeté par les socialistes et les communistes), tout en émettant de « fortes réserves » : « Mon vote est assorti de fortes réserves car la mission propose d'étoffer le pacs. Au départ, il devait s'agir de simples aménagements techniques, comme l'inscription sur l'acte de naissance ou la modification du régime des biens, ce que l'on peut admettre sans difficulté [Ah !]. Mais en réalité, le rapport va beaucoup plus loin : pensions de réversion, nouveaux droits sociaux... Là, je ne suis plus d'accord, car le pacs ressemble de plus en plus au mariage. » Quand on ajoute que le nouveau statut du beau-parent (dans les familles recomposées via une « délégation de responsabilité parentale ») pourrait s'appliquer à des homosexuels, on mesure une nouvelle fois la technique du « détricotage » appliqué : ne pas trancher, renverser, mais défaire maille après maille l'ordre naturel (voir Présent du 14 janvier). Même les associations homosexuelles, en dépit des cris d'orfraies de l'Inter-LGBT (Interassociative lesbienne, gay, bi et trans) et de l'APLG (Association des parents et futurs parents gay et lesbiens), reconnaissent « de toutes petites avancées ». Ces cris d'indignation servent à donner l'illusion que ce rapport est réactionnaire - « à côté de son siècle », dit Mammère - alors qu'il va évidemment dans le mauvais sens, subversif, quoi qu'en disent les braves gens de la majorité... On refuse encore les mots qui fâchent mais on tolère de plus en plus la réalité qu'ils recouvrent par étapes et concepts progressifs. En ce sens, loin d'être « conservateur », ce rapport est subrepticement révolutionnaire, gérant tranquillement le cours de la décadence au lieu de l'inverser. Loin de consolider le droit de la famille, le tissu familial, il le détricote en catimini. En ce sens aussi, la Mission (Christine Boutin y compris) est une sorte de Pénélope infidèle à sa mission, qui détricote obscurément (consciemment ou semi-consciemment ?) ce qu'elle prétend bâtir et défendre au grand jour... Remi Fontaine Cet article est tiré du quotidien "Présent" n°6012, 27 janvier 2006. Nous remercions la rédaction de Présent pour son aimable autorisation. |