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Pour une société stable, des familles stables, et sus au divorce ! |
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Écrit par Dominique Marival
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23-06-2003 |
Le 20 mai dernier, le Président de la République remit la " médaille de la famille française ". A cette occasion, il parla du " rôle irremplaçable " de la famille " dans la transmission des valeurs ", et encouragea la natalité. Voici pour le début du discours. Puis, Jacques Chirac propose trois axes de modernisation du droit de la famille : les régimes matrimoniaux, le droit des tutelles, le droit du divorce " pour le rendre plus simple et plus apaisant " . Vanter un modèle et se proposer de le casser : infernale dialectique libérale.
Le 20 mai dernier (2003), le Président de la République remit la " médaille de la famille française ", décoration accordée depuis 1920 (et non 1940 ...) à quelques pères ou mères de famille nombreuse (2 pères, dont l'un divorcé, et 48 mères cette année). A cette occasion, et comme à l'accoutumée, il parla du " rôle irremplaçable " de la famille " dans la transmission des valeurs ", et encouragea la natalité. Il évoqua aussi différentes menaces modernes contre les adolescents : alcool, tabac, drogue, sida. Voici pour le début du discours ; jusque là, tout va bien. Comme toujours en pareilles circonstances, il n'est pas difficile de ratisser large, en s'en tenant à quelques généralités généreuses au moins en apparence et en pointant du doigt les effets, ceux que tout un chacun peut constater et qui font pleurer Margot. Et les causes, Monsieur le Président ? Car là est la mission - et l'honneur - du politique : faire une analyse lucide et sans concession de la situation, en répertorier les failles, de là remonter aux causes, et enfin agir sur celles-ci. Or, Jacques Chirac propose trois axes de modernisation du droit de la famille (passons sur l'effacement de l'adjectif " française " à l'expression classique depuis feu François Mitterrand de " médaille de la famille française " : le chef de l'Etat français - pardon ! - le chef de l'Etat aurait-il l'intention de décorer demain des parents Esquimau, Guarani ou Buchmen ?) : les régimes matrimoniaux, le droit des tutelles, le droit du divorce " pour le rendre plus simple et plus apaisant " ; et pour faire moderne, lit-on dans la presse acquise à M. Chirac. Vanter un modèle et se proposer de le casser : infernale dialectique libérale. En outre, désormais, si le chef de l'Etat décide de passer outre aux saines objections de morale naturelle de la Fédération de la médaille de la famille française, la médaille pourrait être remise aussi aux concubins, aux " pacsés " (aux homosexuels demain ?), aux familles monoparentales et aux familles dites recomposées (par antiphrase sans doute, ou du moins seulement après avoir été dans un premier temps " décomposées "), sur proposition de l'opportuniste U.N.A.F. (Union nationale des associations familiales) qui veut se racheter une conduite progressiste - ça devient une manie ! - après son refus de l'intégration de l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens : atteinte au mariage républicain, selon le président de la Fédération des associations familiales catholiques. S'il ne s'agissait que de cela !
Divorce facilité, reconnaissance symbolique de modèles de vie commune concurrents du mariage : ce sont là autant d'atteintes au mariage tout court, au mariage naturel, institution naturelle et ciment de cette autre institution naturelle qu'est la famille, elle-même insérée dans la pyramide sociale dont elle constitue, selon l'expression traditionnelle, la " cellule de base ". Veut-on une société stable ? Il faut alors des familles stables. Veut-on des familles stables ? Il faut remettre en cause le divorce - qui n'est jamais apaisant et ne peut l'être parce qu'il brise le lien d'une institution naturelle -, c'est-à-dire d'abord ne pas le rendre plus simple, ensuite le rendre plus contraignant, enfin le supprimer ; il ne peut y avoir de droit au divorce, car il ne peut y avoir de droit à détruire. Et Rousseau nous a appris, non par son oeuvre mais bien par son état d'enfant orphelin de mère à sa naissance et abandonné à l'adolescence par son père, que ce n'est pas tant la société qui corrompt qu'une absence de cadre familial ... Aujourd'hui, des psychologues, des pédagogues et des sociologues osent enfin mettre en évidence les ravages du divorce pour les enfants, au plan scolaire et au plan psychologique ; encore un effort, mesdames et messieurs ! : le divorce mine les conjoints eux-mêmes, il pèse sur eux tel une épée de Damoclès, ouvre la voix à un chantage continu et usant, tue l'amour ; au-delà, le divorce mine la société tout entière. Car le mariage, faut-il le répéter, a une dimension sociale, dimension que les hommes politiques ne peuvent ignorer. Il faut donc reconnaître la place éminente du mariage, gage de stabilité de la famille, la famille école première et parfaite de la sociabilité. Oh! Il ne s'agit pas d'être naïf : le mariage ne suffit pas à lui seul à garantir de façon absolue le bonheur, il n'y a d'ailleurs pas d'absolu en la matière. Mais, le mariage offre cependant le maximum de chances de parvenir au bonheur, surtout si " l'Eglise y passe " selon les termes de l'ancien droit. Et le minimum que doive faire l'Etat est donc de défendre le mariage : aux époux eux-mêmes d'ajouter le reste. Et voilà pourquoi il n'est pas acceptable que l'Etat légalise, voire favorise, des statuts de vie commune concurrents.
Au-delà, la France a besoin de familles nombreuses ... nombreuses, de relance de la natalité ; soit dit en passant, la solution au vrai problème du financement des retraites se situe là : la famille, c'est un investissement, c'est-à-dire un coût au départ ... et un bénéfice au final. Notre Hugo national prétendait qu'en ouvrant une école, on fermait une prison ; peut-être, mais encore faut-il les remplir, ces écoles : nous, nous disons qu'en fondant des familles stables, nous ouvrons des écoles, c'est mécanique. Aussi faut-il une politique familiale réelle - et pas seulement une politique d'assistance - favorisant la stabilité de la famille à la base, faute de quoi, elle ne sera que cautère sur jambe de bois face aux maux actuels de la société. " ... si l'on veut tendre vers une société stable, solide, il est préférable qu'il y ait des familles unies, en plus grand nombre possible. Cela reste ma conviction." Que voilà de mâles propos ! Signés Chirac, mais Bernadette, prénom de rigueur ...
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