Présentation du dossier Vatican I

 

Le Concile Vatican I est encore très ignoré de nos contemporains. Il fut bref, interrompu dans ses élans par la guerre
franco-prussienne de 1870 qui ouvrit la première plaie sanguinolente entre ces deux peuples riverains du Rhin que les Traités de Westphalie de 1648 avaient soigneusement maintenu à l’écart l’un de l’autre pendant deux siècles. Jacques Bainville nous rappelle, dans son Histoire de Deux Peuples, combien la monarchie française de l’Ancien Régime connaissait les appétits féroces de son voisin germanique et avec quel talent diplomatique elle s’évertua de le maintenir sous le joug de son fédéralisme politique. L’émiettement de l’Empire était la condition nécessaire au rejet de son unité. La France y veillait, elle connaissait l’animal germanique comme le maître connait son chien : « C’est à ce résultat que tendait la lutte contre la maison d’Autriche, nous explique Jacques Bainville, lutte qui a rempli deux siècles de notre histoire et qui devait s’achever par un triomphe complet. Essentiellement, il s’agissait d’empêcher les Habsbourg d’obtenir ce que les Hohenzollern ont acquis au XIXe siècle, c’est-à-dire la domination de l’Allemagne. Il s’agissait d’empêcher que l’Allemagne fît son unité comme la France avait fait la sienne. C’était une œuvre réaliste, inspirée par le bon sens, dominé par la notion de l’intérêt national. En même temps, l’humanité et la civilisation evaient y trouver leur compte : à l’issue de la guerre de Trente ans, lorsque la force allemande fut brisée pour de longues années, l’Europe connut une de ses plus belles périodes. Après les épreuves que le germanisme en liberté vient de faire subir au monde européen [avec la guerre de 1914, ndlr], on admirera la clairvoyance d’une politique qui consistait à désarmer la barbarie germanique, à rogner les griffes de la bête » (1).  …

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